Banque et argent

Quelle banque propose un compte courant rémunéré en 2026 ?

FM 24 août 2026
Quelle banque propose un compte courant rémunéré en 2026 ?

Mis à jour le 24 août 2026 — barème et règles en vigueur à cette date

Sommaire

Voir son compte courant produire des intérêts, jour après jour, sans rien faire de plus qu’y laisser de l’argent: l’idée séduit de plus en plus de particuliers. Un compte courant rémunéré est un compte bancaire classique, avec carte et virements, dont le solde génère chaque jour des intérêts, contrairement à l’immense majorité des comptes courants qui ne rapportent strictement rien. Reste à savoir qui propose vraiment ce service, à quel taux, et combien il reste une fois l’impôt passé.

En bref: la loi autorise la rémunération des comptes courants depuis 2005, mais seuls huit établissements le font réellement, avec un rendement moyen de 2 % brut par an, soit environ 1,37 % net une fois le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % déduit. C’est comparable à un livret bancaire classique, mais moins généreux que le Livret A ou le LDDS (1,5 % net) et surtout que le LEP (2,5 %), réservé aux ménages modestes. Les meilleurs taux, jusqu’à 3 % brut chez Trade Republic, CCF ou Sumeria, restent souvent conditionnés à la souscription d’une carte payante ou à un usage actif du compte.

Pourquoi les grandes banques ne rémunèrent-elles pas votre compte courant ?

Aucun texte n’interdit à BNP Paribas, au Crédit Agricole ou à la Société Générale de rémunérer les comptes courants de leurs clients: cette pratique est légale depuis 2005. Mais dans les faits, aucun des grands réseaux traditionnels ne s’y risque. Ce sont uniquement des acteurs présents en ligne, pour la plupart des fintechs, qui ont choisi de partager une partie de leurs revenus avec leurs clients.

Le mécanisme est simple: Bunq, Revolut, N26, Monabanq, Sumeria, Trade Republic et le CCF perçoivent eux-mêmes des intérêts auprès de la Banque centrale européenne lorsqu’ils y déposent l’argent que leurs clients leur confient. « Nous ne faisons que rendre aux consommateurs la part d’argent qui leur est due », résume Cyril Chiche, cofondateur du compte Sumeria. Matthias Baccino, conseiller senior de Trade Republic, va plus loin en évoquant un manque à gagner d’environ 10 milliards d’euros par an pour les Français, faute de rémunération de leurs dépôts courants.

Pour ces établissements, l’opération n’a rien de désintéressé. Elle sert d’argument marketing pour attirer de nouveaux clients et les convaincre de domicilier leur salaire, mais aussi, dans certains cas, un levier pour pousser à la consommation via des cartes payantes dont le coût peut être en partie compensé par les intérêts perçus.

Quelles banques proposent un compte courant rémunéré ?

Huit établissements seulement rémunèrent aujourd’hui un compte courant en France, avec un rendement moyen qui tourne autour de 2 % brut par an. Trade Republic affiche le taux le plus généreux, jusqu’à 3 %, sans condition particulière, mais ce niveau maximal reste réservé aux nouveaux clients. Le CCF propose un taux comparable, jusqu’à 3 % brut, en contrepartie de la souscription d’une carte Visa Premier, dont le coût est remboursé sous conditions jusqu’à la fin de l’année 2027. Sumeria applique aussi un rendement pouvant atteindre 3 %, à condition d’effectuer au moins dix transactions par carte chaque mois.

Chez Revolut et N26, la logique est différente: plus la carte est chère, plus le taux grimpe. Les détenteurs de compte gratuit chez Revolut touchent 1 %, contre 2,25 % pour les souscripteurs de la carte la plus coûteuse, facturée 660 € par an. Chez N26, l’écart va de 0,25 % sur le compte gratuit à 2 % pour la carte premium à 203 € par an. Monabanq propose de son côté un produit d’épargne associé, baptisé Rentabilis, tandis que Bunq reste plus discret sur ses conditions précises.

BanqueTaux brutCondition principale
Trade RepublicJusqu’à 3 %Aucune (taux max réservé aux nouveaux clients)
CCFJusqu’à 3 %Carte Visa Premier
SumeriaJusqu’à 3 %10 transactions carte par mois minimum
Revolut1 % à 2,25 %Carte à 660 €/an pour le taux maximal
N260,25 % à 2 %Carte à 203 €/an pour le taux maximal

Sur ces bases, un rendement de 3 % brut correspond, après le prélèvement forfaitaire unique, à environ 2,06 % net. Le taux maximal de Revolut à 2,25 % brut redescend lui à environ 1,54 % net, et celui de N26 à 2 % brut à environ 1,37 % net.

Comment les intérêts sont-ils calculés et versés ?

L’atout principal d’un compte courant rémunéré tient à la fréquence de calcul des intérêts: ils sont calculés quotidiennement, à partir du solde de fin de journée ou du plus bas solde du jour. Concrètement, un virement reçu un lundi commence à rapporter dès ce jour-là. C’est une différence de taille avec le Livret A ou un livret d’épargne classique, soumis à la règle des quinzaines: l’argent déposé ne produit ses premiers intérêts qu’à partir du 16 du mois ou du 1er suivant.

La fréquence de versement des intérêts, elle, varie fortement d’un établissement à l’autre. Revolut verse les siens au jour le jour, ce qui en fait l’un des plus réactifs. Le CCF, lui, verse trimestriellement, et Monabanq une fois par an sur son produit Rentabilis. Un détail à surveiller de près: chez Bunq, Monabanq, N26 et Revolut, ce qui est présenté comme un « compte rémunéré » correspond en réalité, dans certains cas, à un livret d’épargne distinct qu’il faut ouvrir en complément du compte courant. La nuance paraît anodine, mais elle oblige à programmer des virements réguliers et à surveiller son niveau de liquidités entre les deux comptes.

Combien rapporte un compte rémunéré une fois l’impôt payé ?

Les taux affichés par les banques s’entendent toujours bruts. Pour la plupart des contribuables, il faut en retrancher le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, qui regroupe l’impôt sur le revenu et les prélèvements sociaux. Résultat: un compte rémunéré à 2 % brut, soit la moyenne du marché, rapporte dans les faits 1,37 % net.

Ce rendement net place les comptes courants rémunérés à peu près au niveau des livrets bancaires classiques hors promotion, mais nettement en dessous des produits d’épargne réglementée. Le Livret A et le LDDS offrent 1,5 % net depuis le 1er février, sans aucun prélèvement, et le LEP, réservé aux ménages aux revenus modestes, grimpe à 2,5 % net. Un compte courant rémunéré n’a donc pas vocation à remplacer ces livrets: il complète surtout la gestion de la trésorerie courante, sur laquelle l’argent dort habituellement sans rapporter le moindre centime.

Les taux vont-ils encore évoluer ?

Certains taux affichés aujourd’hui ont une date de péremption. L’offre du CCF, en particulier, est limitée dans le temps: le remboursement de la carte Visa Premier associée court jusqu’à la fin de l’année 2027, ce qui suggère que les conditions actuelles ne sont pas figées durablement. Les autres établissements, eux, indexent plus ou moins directement leur rendement sur les taux que leur verse la Banque centrale européenne pour leurs propres dépôts.

Or ces taux directeurs pourraient encore bouger. La Banque de France relève qu’en janvier, la rémunération moyenne des dépôts à terme de plus de deux ans a progressé pour les ménages, passant de 2,48 % en décembre à 2,62 % en janvier, un signe de tension à la hausse sur les taux d’intérêt bancaires. Si la Banque centrale européenne continue de relever ses taux directeurs pour freiner une reprise de l’inflation liée au conflit en Iran, les comptes courants rémunérés pourraient voir leur rendement remonter dans les mois qui viennent, à l’exception du CCF dont l’offre reste, elle, bornée dans le temps.

Questions fréquentes

Un compte courant rémunéré remplace-t-il un livret d’épargne ?

Non: son rendement net reste généralement inférieur à celui du Livret A, du LDDS ou du LEP. Il sert surtout à faire fructifier l’argent qui transite sur le compte courant, pas à constituer une épargne de moyen terme.

Les intérêts d’un compte courant rémunéré sont-ils imposés ?

Oui, dans la grande majorité des cas ils supportent le prélèvement forfaitaire unique de 31,4 %, ce qui ramène un taux affiché de 2 % brut à environ 1,37 % net.

Le taux affiché aujourd’hui est-il garanti dans la durée ?

Non, il peut évoluer, à la hausse comme à la baisse, en fonction des taux versés par la Banque centrale européenne aux banques, et certaines offres, comme celle du CCF, sont explicitement limitées dans le temps.

Pourquoi certains comptes « rémunérés » nécessitent-ils un livret séparé ?

Chez plusieurs établissements comme Bunq, Monabanq, N26 ou Revolut, la rémunération n’est pas toujours appliquée directement au compte courant mais à un livret d’épargne associé, qu’il faut ouvrir et alimenter par virement en plus du compte principal.

Sources

Sources consultées le 24 août 2026.

Informations vérifiées à cette date ; des évolutions ultérieures sont possibles. Vérifiez auprès de la source officielle.

  1. www.60millions-mag.com/banque-assurance/article/et-si-votre-compte-bancaire-vous-rapportait-que-valent-les-comptes-remuneres-20260716/
  2. www.banque-france.fr/fr/statistiques/epargne/taux-de-remuneration-des-depots-bancaires-2026-01
  3. www.banque-france.fr/fr/votre-service/particuliers/la-banque-de-france-vous-aide/connaitre-les-pratiques-bancaires-et-dassurance/compte-et-frais/compte-bancaire-individuel
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L'auteur
Fabrice Mercier

Fabrice Mercier est un nom de plume. Je ne suis ni conseiller financier, ni juriste, ni fiscaliste, et je n'ai aucun titre à faire valoir dans ces domaines.Pourquoi ce magazineSur l'argent, l'information existe, mais elle est éparpillée entre une circulaire, une page de service public mal indexée et un forum de 2019. Résultat : on tombe sur des chiffres périmés présentés comme actuels. C'est exactement ce que Semaine Éco Med essaie de corriger.Ma méthodeJe prends le temps d'aller lire le texte. Quand j'écris sur le RSA, je vais chercher le montant en vigueur sur le site de la CAF et la date de sa dernière revalorisation. Quand j'écris sur un prélèvement bancaire que personne ne reconnaît sur son relevé, je remonte à l'organisme émetteur. Quand une règle change, je date la mise à jour et je le dis.Mes sources de référence : Service-Public.fr, Légifrance, la CAF, l'URSSAF, France Travail, la Banque de France, la DGFiP, l'INSEE. Quand une information vient d'ailleurs, elle est nommée dans le texte, à l'endroit où elle est utilisée.TransparenceLes articles sont rédigés avec l'aide d'outils d'intelligence artificielle, puis relus, vérifiés et corrigés avant publication. Les montants, les seuils et les dates d'entrée en vigueur sont contrôlés un par un à leur source officielle.Ce que je ne fais pasCe que je publie est de l'information, pas du conseil personnalisé. Votre situation a des détails que je ne connais pas. Pour une décision qui engage votre argent, confrontez ce que vous lisez ici à votre conseiller, à votre caisse, ou à un professionnel.Une erreur, un chiffre qui a bougé, une précision à apporter ? Écrivez à contact@semaine-eco-med.com. Les corrections sont faites et signalées.

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